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“
DROIT D’ASILE : AMERES DECEPTIONS A MATIGNON ”
Communiqué
de presse 18 décembre 2001
Une
délégation de la Coordination Nationale pour le Droit
d’Asile (CDA)* a été reçue à Matignon
le 10 décembre 2001 par des conseillers du Premier Ministre.
En ce jour anniversaire de la Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme, la CDA a rappelé ses “ 10
conditions minimales pour un réel droit d’asile en
France ”.
Se
fondant sur les principes et l’application pleine et entière
de la convention de Genève, ces recommandations s’appuient
sur l’expérience et la complémentarité
des compétences des associations pour demander des solutions
concrètes et immédiates en faveur des demandeurs d’asile
dont la situation est pour la majorité d’entre eux
inhumaine.
La
dégradation des conditions de vie des demandeurs d’asile
est en effet dramatique (manque d’hébergement - dysfonctionnement
des procédures - délai moyen de convocation dans certaines
préfectures de 8 mois - traitement de la demande d’asile
jusqu’à deux ans, alors que les intéressés
ne perçoivent d’allocations que pendant un an maximum
- accompagnement social et juridique ne concernant qu’une
minorité d’entre eux).
Si
ces deux dernières années, 150 postes ont été
créés à l’OFPRA et des places d’hébergements
ont été ouvertes, ces mesures sont loin de répondre
à la réalité des besoins puisque des milliers
de demandes d’hébergement sont en attente.
Après
plusieurs rencontres avec toutes les administrations concernées,
la CDA attendait beaucoup de cette réunion dans le lieu de
décision de la politique gouvernementale.
Sa
déception est à la mesure de l’absence de réponses
satisfaisante ; de l’intransigeance sur certains sujets comme
le refus de rétablir le droit au travail (sur le simple motif
d’une peur “ d’un appel d’air ”).
De même “ l’impuissance ” de Matignon vis
à vis des préfets, que ce soit sur les délais
d’enregistrement des demandes et dans la recherche de solutions
d’hébergement, est incompréhensible.
Alors
que toutes les associations tentent de pallier, dans l’urgence,
les défaillances des administrations, elles s’inquiètent
de cette absence de politique globale et cohérente sur l’accueil
des demandeurs d’asile, même si Matignon les a informées
d’audits en cours. La Coordination pour le Droit d’Asile
partage ces inquiétudes avec le réseau FNARS après
notre rendez-vous commun à Matignon le 17 décembre,
prélude à des actions conjointes début 2002.
Face
à cette situation, la Coordination pour le Droit d’Asile
entend amplifier son “ cri d’alarme en faveur des demandeurs
d’asile ” et a décidé de convoquer des
assises nationales pour le Droit d’Asile.
*Cette coordination regroupe toutes les associations françaises
qui s’occupent des demandeurs d’asile en France parmi
lesquelles : ACAT, Amnesty International, APSR, CASP, CIMADE, COMEDE,
Forum Réfugiés, GAS, GISTI, LDH, MRAP, Pastorale des
Migrants, Primo Levi, Secours Catholique, et SSAE.
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